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Fut le temps des Hospice de Beaune où le vin était un produit de première nécessitée pour affronter les grandes épidémies. Manifestement, le Français du XXIème siècle y préfère les pâtes!
Pendant la pandémie de coronavirus, le secteur de la boisson alcoolique est resté confiné, même si beaucoup s’attendaient à l’inverse. Malgré la mode des e-apéros qui ont envahi les réseaux sociaux afin de remplacer les bars et restaurants fermés depuis le 15 mars (et sans date de réouverture au moment d’écriture de cet article), les ventes de vins et spiritueux s’écoulent de manière inattendu à contre-courant. Un recul, deux fois supérieur à la tendance annuelle, a été constaté en cette période si particulière.
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Tandis que les produits de grande consommation ont enregistré une augmentation spectaculaire de 26% de leurs ventes, (du 13 au 29 mars) selon une récente étude de la société Nielsen. Les alcools quant à eux, sauf la bière, le vin rosé, rhum et l'alcool à "consommer entre les mains" bien sur, ont affiché un recul de 3.4% de leur chiffre d'affaires sur la même période.
Le sort du champagne, qui possède une image festive, fût pire encore pendant la première semaine de confinement. Les pétillants champenois ont ainsi vu une baisse de consommation vertigineuse de 52.5 %. Pourtant, le secteur termina 2019 en fanfare sur un record d'exportation avec 297,6 millions de bouteilles vendus à l'étranger et un chiffre d'affaires de plus de cinq milliards d'euros.
Contrôler l'ivresse
Cette chute des ventes aurait-elle un lien avec l'envie de contrôler l'ivresse? Dry January et l'interdition de la vente d'alcools forts dans le Morbihan pendant une partie du confinement (du 17 au 30 avril). Cette dernière mesure, pour lutter contre les violences domestiques qui ont augmenté de 30% dans le département selon le Préfet Patrice Faure qui constate, sur sa chaîne Youtube, une hausse significative des violences intra-familiales et que dans 100% des cas ces drames se produisent sous l'emprise de l'alcool.
Pourtant on ne peut pas lier la nature violente de l'homme à l'alcool, la restriction de sa consommation n'est pas récente. En effet, la « modération morale » de la consommation du vin est envisagée depuis le IVème siècle avant J.-C., comme explique Fabrizio Bucelle dans « Pourquoi boit-on du vin? ». Platon dans les Lois disait déjà que le bon sens et la loi doivent interdire l'usage du vin (et de l'ivresse) dans certaines situations. Dans cette société parfaite l'ivresse est interdite et recommandée selon l'âge; jusqu'à 18 ans interdiction formelle, jusqu'à 30 ans usage modéré, de 30 à 40 ans usage complet et + 40 ans ivresse recommandée. Oui, oui l'ivresse était vraiment conseillée comme un « remède à l'austérité de la vieillesse » mais n'oublions pas qu'aujourd'hui on doit boire avec modération.
C'est certainement platonique cette idée que l'homme se bonifie avec le temps, l'exploit est peut-être vrai pour certaines personnes tout comme pour certains vins, mais c'est loin d'être une règle absolue. Aussi, de Platon à Faure le contrôle de l'ivresse par l'usage de la Loi est nécéssaire quand le bon sens fait défaut.
« Modération morale » ou contrôle de l'ivresse par l'État, la chute des ventes de boisson alcoolique notamment celles du vin, est une réalité bien avant le confinement. Et une chose est sûre, l'incertitude de l'après COVID-19 est particulièrement forte pour le secteur du vin et des spiritueux ; et cela d'autant plus avec le manque de visibilité de la réouverture des bars et restaurants. Les marques et surtout les petits domaines devront se réinventer pour garder leur place dans les caves des français.
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